Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 5 novembre 2016

Colette, mon amour

Et me revoilà aujourd'hui avec la chronique du dernier des livres que j'ai achevés pendant mes vacances de juillet. Un auteur classique, ou du moins que je classe personnellement comme tel.  Colette et son 27e livre, Sido (Colette fut une sorte d'Amélie Nothomb, en son temps, avec un rythme de publication d'environ un livre par an. :-) ). Un régal que celui-ci, particulièrement après une lecture décevante (mais même, un régal tout court, je vais y revenir)...
Mais quel bonheur! Quelle bouffée d'air frais! Cette lecture m'a fait l'effet d'une parenthèse enchantée. Deux heures hors du temps, à tourner les pages sourire aux lèvres comme si je retrouvais des êtres chers et familiers. Est-ce parce que j'étais en vacances, installée sur un transat à l'ombre d'un grand sapin, caressée par le vent tiède de la Puisaye-Forterre, avec en fond sonore le chant des oiseaux et les lointains travaux des champs (la moisson des blés)? Cela aide, sans doute, et cette lecture était effectivement parfaite pour cet instant et ce lieu précis. Est-ce parce que j'avais posé la veille mes pas dans ceux de Colette, dans sa maison natale, que des passionnés viennent juste de faire ouvrir au public (en mai 2016) après des mois de travaux minutieux et remarquables (à Saint-Sauveur-en-Puisaye, à 50 m du musée Colette, qui lui m'a fait bien moins grande impression...)? C'est possible, mais je ne doute pas que le charme aurait opéré quel que soit le jour où j'aurais ouvert ce petit livre.

A l'issue de ma visite de la veille, où j'avais intégré à quelques minutes du départ le groupe de 8 ou 10 personnes mené par une guide passionnée (et passionnante), je n'envisageais pas de ne pas lire Colette très vite. D'elle, je n'avais lu que Bella-Vista, il y avait fort longtemps, qui m'avait laissé un souvenir flou, mais néanmoins excellent, plein d'odeurs de bord de mer méditerranéen, de descriptions minutieuses de la nature estivale et d'un personnages d'un grand réalisme malgré la finesse du volume (et du peu de place qui leur était spécifiquement consacré). Pendant la visite, les moments qui m'avaient le plus émue étaient les évocations par notre guide de la mère de Colette ; une fois parvenue dans la boutique, laissant errer mon regard sur les étagères, c'est donc sans trop d'hésitation que j'ai choisi d'emporter Sido, intitulé d'après le surnom donné à la mère de Colette par son père.

Et à présent, je ne sais pas comment vous parler de ce livre! J'y ai retrouvé tout ce que je me rappelais avoir aimé dans Bella-Vista : des descriptions précises (sans être trop longues) de la nature (les plantes du jardin de sa mère, dont on peut visiter la vivante reconstitution à Saint-Sauveur - c'est magnifique), les personnages croqués avec cette acuité inimitable de petite fille vive qui épie sans en avoir l'air, cette écriture si naturelle et légère qu'elle semble ne pas exister (je me promets, une nouvelle fois, de retourner observer la syntaxe et les enchaînements de plus près, car j'ai l'impression que les mots m'ont directement sauté dans le cerveau sous forme d'images). Personnellement, j'aime par-dessus tout cette discrétion du support, qui me permet en quelque sorte de "fusionner" avec ce que je lis.

Le livre est structuré en trois parties : "Sido", "Le capitaine", et "Les sauvages", respectivement consacrés à la mère de Colette, à son père et à ses frères et sœur (essentiellement ses frères, en fait, sa sœur Juliette étant une sorte d'exilée volontaire au sein de la famille). 
C'est surtout la première partie qui m'a enchantée, essentiellement pour toutes les évocations horticoles qu'elle comprend (je suis moi-même férue de nature et de jardinage... quoi que les extérieurs de ma maison n'en témoignent pas nécessairement, d'ailleurs! ^_^ ). Sido représente aussi comme un double littéraire de mon arrière-grand-mère, que je n'ai jamais connue, mais à qui je voue - et ce, de plus en plus - une admiration quasiment pieuse. Elle a aussi beaucoup de points communs avec une amie qui m'est très chère, qui pourrait être ma mère (elle l'est d'ailleurs un peu par bien des aspects). Ainsi, ces pages ont eu pour moi l'effet d'une madeleine de Proust.

Mon arrière-grand-mère Inès, que la lecture de Sido m'a évoquée à bien des moments.

Les deux autres parties sont également délectables pour la pertinence des portraits que l'on y trouve et la tendresse sous-jacente qui y transparaît.

"Lyrisme paternel, humour, spontanéité maternels, mêlés, superposés, je suis assez sage à présent, assez fière pour les départager en moi, toute heureuse d'un délitage où je n'ai à rougir de personne ni de rien."
p. 52 

Colette publie ce livre en 1930, alors qu'elle est âgée de 57 ans, et elle confesse d'ailleurs bien volontiers que lui prennent "comme à tous ceux qui vieillissent, la hâte, le prurit de posséder les secrets d'un être à jamais dissous." (p. 85) Pour autant, la nostalgie qui émane de ses mots est belle, douce et réconfortante. Rien qui puisse vous miner le moral, en tout cas!

Pour conclure, je dirais que cette lecture a conforté ma compatibilité profonde avec Colette et sa sensibilité. Elle a également fortement résonné chez moi avec une ancienne lecture : Luxueuse austérité, de Marie Rouanet, que j'ai du coup bien envie de relire un de ces jours. Quant à conseiller Colette, je n'ose le faire tant je serais déçue d'entendre que la magie n'a pas opéré pour d'autres. J'imagine que son écriture plaira à tous les adeptes de l'instant, les observateurs de la nature où qu'elle se cache, les passionnés de portraits... Colette ne raconte pas nécessairement grand-chose sur le plan de l'action, de l'intrigue (quelle intrigue?), mais ses mots renferment le monde, la vie, tout. Si cela vous parle, alors allez-y. Vous devriez y trouver votre bonheur.

P.S. : Pour les curieux, voici le site de la maison de Colette : http://maisondecolette.fr/ Si vous avez l'occasion de passer par cette région de l'Yonne, ou si vous aimez l'auteure, allez-y ! Le travail de reconstitution est remarquable et extrêmement poussé, et la guide (celle que j'ai eu la chance d'écouter, en tout cas) est formidable. J'imagine que plus on a lu cet auteur et plus on est ému de ce que l'on trouve là-bas (dans Sido, Colette évoque beaucoup cette maison à travers des détails que l'on  peut aujourd'hui retrouver grâce au travail de cette association de passionnés : le ressenti est magique, et nous avons été plus d'un à être drôlement touchés par les mots de la guide!).

vendredi 21 octobre 2016

"La colle tient mal au gouffre."

 
Bonjour! Oui, je sais, la reprise du blog laisse complètement à désirer. Plus de trois mois entre deux billets de lecture. La grosse loose. (Et je parle comme je veux.) Mais bon, j'y tiens, je reviens, voilà c'est tout! :-) Bon, aujourd'hui, c'est pour parler d'un flop de lecture (lu il y a plus de trois mois, là aussi, et donc rédigé exclusivement à partir de mes notes de lecture ; pardonnez du coup mon style plus factuel sur ce billet). Mais tant pis : bloguons, les amis, bloguons...

Et pour commencer, disons quelques mots de l'histoire... Dans une ville de la banlieue déshéritée et "à problèmes" de Boston, un retraité est retrouvé égorgé et le visage mutilé dans sa voiture. Le shérif McCarthy va devoir enquêter sur ce cas.

Alors autant vous le dire tout de suite, malgré la couverture très réussie (de mon point de vue) et le titre prometteur, ce roman ne doit certainement pas être lu pour l'intrigue policière - qui piétine toute la durée du livre et se dénoue finalement brusquement sans même que le lecteur obtienne toutes les réponses à ses questions. Du coup, je ne vous en parle pas plus non plus, hein. Etant donné que c'était bien un roman policier que j'étais venue chercher, ça commençait plutôt mal... 

Malheureusement, je n'ai pas non plus spécialement apprécié les personnages principaux, au nombre de deux.
Tout d'abord, le shérif McCarthy, sorte d'homme parfait (bon père de famille, impliqué dans la vie de sa paroisse, intègre), mais en perpétuel questionnement sur l'utilité de son travail et de son engagement - ce dont j'avoue avoir fini par me lasser vu le peu d'évolution du personnage sur le roman. Disons que "désabusé" est un qualificatif qui lui va comme un gant. C'est d'ailleurs son seul point commun avec Franck, que la quatrième de couverture présente comme "le double sombre du shérif".
Lui est un détective privé d'une trentaine d'années sans aucune morale, méprisant à peu près la terre entière, passant son temps à se droguer (le "nuage de coke" du titre s'approche clairement du cumulo-nimbus, presque exclusivement consommé par Franck). J'ai été vraiment déçue de ce personnage, sur qui je comptais pour animer ma lecture. J'ai malheureusement trouvé assez inconsistant celui que l'on nous présente en quatrième de couverture comme un "dandy" (car non, pour moi, il ne suffit pas d'être cultivé et de lire Pélardon pour être un dandy. D'ailleurs, on trouve aussi, dans les citations mises en exergue en début de chapitres, du Gombrowicz, qui me semble-t-il est le même genre d'écrivain sulfureux. Juste au cas où on n'aurait pas compris qu'on est dans un livre de dandy - bon, je sais, je frôle la méchanceté. Désolée, Quentin Mouron, mais ça m'a teeeellement agacée!). 

"J'aimerais vous dire quelque chose d'original. Mais j'ai l'impression (son regard se voile de tristesse) de n'être qu'une marionnette, une sorte de casse-noisette boiteux. Ou pire, un personnage de roman que son auteur tenterait de mouvoir au mépris le plus flagrant des règles de la psychologie humaine. Un auteur pervers qui aurait soif de liberté, de fantaisie - sans toutefois être capable d'en finir avec la fatalité, avec la banalité... Je vous semble fou... ce n'est pas le cas : tel que vous me voyez, je ne suis qu'un petit toxicomane ordinaire duquel le premier médecin venu pourrait proposer une explication complète. Je vous semble coloré, chatoyant... erreur! Ce n'est qu'une réaction épidermique à la grisaille du monde. Vous voyez en moi un homme assuré : allons, vous êtes peut-être plus courageux que moi! Vous me demandez qui je suis... Que répondre? Un masque, je suis un masque. Appliqué tant bien que mal sur un éclatement, et qui glisse, glisse... La colle tient mal au gouffre."
p. 188/189 (un bon portrait, en effet)

En fait, je n'ai jamais très bien compris ce que Franck faisait dans cette histoire, ni pourquoi à peu près personne ne s'émouvait de sa présence alors qu'elle me paraissait personnellement tellement incongrue. Par ailleurs, j'ai trouvé que son statut de privé permettait de justifier un peu trop facilement le fait qu'il sache à peu près tout sur tout le monde sans avoir à s'en expliquer. C'est bien commode, et bien frustrant pour le lecteur (un peu) rationnel dans mon genre.

Bref, pour finir sur ces personnages, l'un comme l'autre m'ont semblé complètement figés dans les portraits que Mouron en avait brossé dès le départ : statiques, sans surprise, ennuyeux. Les conceptions de la vie et de la société de l'un et de l'autre étant détaillées à l'envi, je me suis du coup sentie plusieurs fois "chaperonnée" dans mon interprétation de ce que je lisais (et s'il y a une chose que je déteste, c'est qu'on me dise quoi penser... même si c'est vrai! Non mais! ^_^ ).

Quant à l'ambiance, au décor, disons qu'on ne quitte jamais une ville poisseuse et ses milieux interlopes (hormis une escapade au musée). Certaines scènes ont bien lieu dans des maisons proprettes, voire franchement cossues de la ville, mais sont toujours noircies par la présence de personnages tourmentés ou peu fréquentables, et ça, ça manquait vraiment trop de contraste pour moi...

Bon voilà, en résumé je me suis ennuyée, soit que je sois passée complètement à côté des qualités de ce livre, soit que je sois juste totalement hermétique au dandysme et aux milieux louches...

Pour finir sur une note positive, et ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, il faut reconnaître à l'auteur un véritable talent dans le style, qui nous projette dans l'histoire avec un génie tout cinématographique. Lorsqu'il amène un personnage nouveau dans l'intrigue, il nous livre une sorte de mini-résumé comportant des infos que seul le narrateur omniscient peut connaître et qui rend le tout très visuel, comme si on avait un condensé des infos à connaître pour bien situer le personnage et pouvoir suivre l'intrigue correctement. J'ai adoré ce procédé, que je n'ai malheureusement pu goûter que dans les premières pages du livre, puisque c'est là que nous sont présentés les personnages, Cela me fait dire que selon le sujet du prochain qui me tombera entre les mains, je n'exclus pas de me faire à nouveau du Mouron un de ces jours.

vendredi 15 juillet 2016

Dans les bois éternels...

Eh bien voilà, c'est parti pour mon premier "vrai" billet de blog depuis fort longtemps! Il s'agit d'une lecture que j'avais commencée le soir par petits bouts avant de partir en vacances et que j'ai pu finir confortablement installée dans un transat à l'ombre d'un grand sapin de l'Yonne... (Je dois admettre qu'il est bien plus agréable de pouvoir lire par plus grandes périodes que les quelques minutes du soir en luttant contre le sommeil! ^_^ ) Ce roman est sorti en poche début juin, et j'en ai entendu tellement de bien que je me suis laissé tenter, bien que j'aie une PAL respectable à portée de main (chassez le naturel...). Quoi qu'il en soit, ce fut une excellente idée, car j'ai beaucoup apprécié cette lecture!

vendredi 24 juin 2016

Un "petit" coucou...

Voilà bientôt 4 ans que je n'ai rien publié ici. Et que je n'ai presque rien lu "pour moi", en dehors de mon travail. Depuis, j'ai eu un deuxième enfant, ouvert une maison d'hôtes, rénové (en partie) une très grande maison (en fait, surtout mon compagnon, mais bon...). J'ai été fort occupée, bien trop, et je me suis assez mise de côté pour des activités toujours plus "urgentes", "importantes", "nécessaires" que mon petit confort... J'ai perdu de vue beaucoup d'amis en ne prenant pas le temps de répondre à leurs mails, de les rappeler, de leur envoyer un petit mot quand je pensais à eux (ce qui arrive souvent), et j'en suis désolée. J'ai pris une seule vraie semaine de vacances, si l'on excepte les séjours dans la famille. Je ne dis pas cela pour me plaindre, mais juste pour parvenir à exprimer au mieux ce que je vis aujourd'hui.

Après 4 années de ce rythme de fou, nous déménageons ces jours-ci dans notre nouvelle maison (qui a quelques siècles, tout de même, d'où les travaux de rénovation impératifs - et toujours en cours, d'ailleurs). J'ai évidemment commencé par nos livres. Concomitamment, j'ai commencé une mission qui m'amène à être tous les jours en contact avec des blogueurs littéraires, les sorties de livres, l'effervescence des salons du livre... Ce concours de circonstances et surtout la bouffée d'oxygène que je ressens depuis plusieurs jours me poussent à revenir écrire par ici. Je ne sais pas si je m'y tiendrai, si j'y arriverai, mais en tout cas, je le souhaite de tout mon cœur!


Je ne me suis jamais vraiment résolue à arrêter de bloguer. C'est la raison pour laquelle, lors de notre précédent déménagement (il y a plus de 4 ans, donc), j'avais mis bien à part les livres lus et non encore chroniqués, avec l'idée d'écrire les billets de blog correspondants dès que j'en aurais l'occasion. L'occasion ne s'est jamais présentée, mais la pile est restée intacte, en s'agrémentant, peut-être (?) d'un ou deux titres supplémentaires. Avec le nouveau déménagement, j'ai tenu à garder ces livres à part pour "solder ma dette" de billets. Sauf que je ne me souviens pas vraiment de ces lectures, et que je vais donc écrire un billet global pour tous ces titres en reprenant les impressions qu'ils m'ont laissées, des années plus tard. Après tout, pourquoi pas, non? ^_^

Vous voyez donc sur cette image de bas en haut...

Une langue venue d'ailleurs, d'Akira Mizubayashi 
Ce livre, en fait un témoignage de l'auteur (de langue maternelle japonaise) sur son rapport à la langue française, m'avait été offert par ma copine Caroline quand j'ai quitté la région parisienne et que je me suis installée à mon compte en tant que correctrice. Je me rappelle l'avoir trouvé exigeant, voire ardu par moments, mais plein de réflexions très intéressantes (dont je ne me souviens malheureusement plus de la teneur... Oups!). Il m'avait aussi fait me sentir bien peu légitime dans mon nouveau métier vu la qualité de la langue et des réflexions de cet "étranger" (cela m'a été confirmé par la suite quand, sur notre chantier, où nous écoutons la radio en permanence, je l'avais entendu faire la promotion de son livre suivant, parlant de son rapport avec les animaux, dans une émission animée conjointement par Alain Bougrain-Dubourg et Elisabeth de Fontenay sur France Inter. Son français était juste parfait, il disait des mots que je ne connaissais pas et n'avait quasiment aucun accent.) En bref, un ouvrage que j'ai été intéressée de lire, mais que je conseillerais difficilement (ou alors à des gens passionnés par la langue française. Mon frère par exemple. - Coucou Juju! :-) ).

L'armée furieuse, de Fred Vargas
Ceci est un prêt de mon beau-frère (merci! Je vais pouvoir te le rendre, maintenant! ;-) ). Il ne me reste que quelques vagues souvenirs de l'intrigue. Je ferai court, car un Vargas reste un Vargas. Je me souviens simplement que j'avais été décontenancée par les réactions d'Adamsberg dans celui-ci ; je n'avais pas eu l'impression de retrouver le même personnage que dans les précédents opus (il avait perdu un peu de son côté "inadapté" en se comportant à plusieurs reprises de manière trop "logique", trop "raisonnable" par rapport à ce que je pensais savoir de lui). C'était resté un très bon moment de lecture, néanmoins.

Embroideries, de Marjane Satrapi
Celui-ci m'avait été ramené par mon petit frère d'Angleterre, où il passait une année dans le cadre du programme ERASMUS. J'ai donc lu cette BD en anglais (ce qui n'est pas du tout dans mes habitudes, mais je m'en suis assez bien tirée). Je me rappelle avoir passé un très bon moment, avec quelques éclats de rire irrépressibles pendant ma lecture, et avoir retrouvé avec plaisir le dessin si particulier de Marjane Satrapi, qui m'avait profondément remuée avec Persepolis (dont j'avais vu l'adaptation au cinéma - à Montargis, ça date donc un peu...)

Balade en Gironde, collection "Sur les pas des écrivains"
Aucun souvenir de celui-ci. Je m'étais arrêtée sur le stand de la maison d'édition, les Editions Alexandrines, au salon du livre de Paris en 2012, je crois bien, et j'avais été séduite par le concept. Pour la plupart des départements français, il existait un ouvrage proposant de se rapprocher des écrivains ayant vécu sur place. Il me semble que j'étais très mitigée après ma lecture du tome sur la Gironde, où je résidais à l'époque, mais je ne saurais vous dire pourquoi.


Stratégies du réenchantement, de Jeanne-A Debats
Je me rappelle avoir été assez mitigée par cette lecture (et donc déçue par rapport à ce que j'en attendais, car j'avais beaucoup aimé tout ce que j'avais lu de cet auteur jusqu'alors). Seules deux nouvelles (ou trois?) sur les huit que compte le recueil m'avaient vraiment emballée. Je ne sais plus ce que j'avais à reprocher aux autres (certainement pas l'écriture de l'auteur, que j'avais beaucoup appréciée, ainsi que sa capacité à dépeindre des ambiances ; il faut sans doute plus chercher du côté des intrigues, qui ne m'accrochaient pas plus que cela...).







Comment un ange aux ailes en biseau aurait pu sauver le monde s'il n'avait pas passé son temps à sniffer les nuages, de Nathanaël Jo Hunt
Le premier roman d'un copain de lycée, avec de très bonnes idées, mais aussi pas mal de défauts "de débutant" à mon goût (reprise mot pour mot du même texte pour tous les débuts de chapitre en faisant varier uniquement le prénom du personnage mis en scène et légèrement le contexte dans lequel il se trouve sur un cinquième ou un quart du livre - de mémoire. Peut-être beaucoup moins, mais j'avais trouvé ça tellement trop long que c'est tout comme -, donc même si le texte de départ était bon, brillant, drôle, à force on ne peut plus le voir! Je me rappelle avoir aussi ressenti que l'auteur devait être content de lui, par moments...). Cela dit, le roman, complètement déjanté et servi par une plume vive et la plupart du temps fort agréable, finissait vraiment très bien du point de vue de l'intrigue. J'avais bien aimé notamment le côté totalement désabusé de la description de la vie chez les anges : métro-boulot-dodo, peu ou prou, une situation guère plus enviable que la nôtre, en fait, bien loin des trompettes dorées et du bien omniprésent le plus souvent attendus de cette "caste". Bref, un auteur à surveiller... Il a depuis écrit Comment l’homme qui prenait tout son temps faillit bien le perdre pour de bon , Lettres à ma future ex, et apparaît dans le recueil Nouvelles d'Hiver, tous parus aux éditions Bijoux de famille.

Le temps égaré, de Sylvie Granotier
Aucun souvenir de l'intrigue de cette nouvelle, mais il me semble que j'avais bien aimé... Héhé, voilà qui vous aide, n'est-ce pas? ^_^

Tous les blues ne donnent pas le cafard, d'Adamou Idé
J'avais acheté ce court roman au salon du Livre de Paris, en 2012, je crois bien, après avoir sympathisé avec l'auteur, fort agréable, du reste. La lecture a été une belle déception, et je me suis vraiment fait violence pour aller au bout. Je sais qu'il était question de bandes de cafards, d'un homme qui se retrouvait transformé en cafard alors qu'il les abhorrait, et d'une intrigue difficile à cautionner avec une sorte de guerre des gangs version cancrelat. Pour couronner le tout, l'ouvrage est encore plein de marque-pages pour signaler les fautes d'orthographe et de frappe... Bref, une lecture dont je me serais passée... :-/

Le goût des pépins de pomme, de Katharina Hagena
Je garde un excellent souvenir de cette lecture, un joli roman prêté par ma copine Adeline. Il y était question de retour aux sources pour une jeune femme dans une grande maison de famille pleine de souvenirs, il y avait aussi une gentille histoire d'amour et des secrets enfouis. J'avais notamment été très accrochée par les descriptions que l'auteur faisait de la nature (les herbes dans le verger, le potager et ses soins...). Moi qui adore connaître le nom des plantes que je croise et qui suis passionnée de jardinage (plutôt en théorie et dans mes lectures de magazines que dans la réalité, pour le moment... Hum!), j'étais ravie. Et j'ai vraiment adhéré à l'histoire, à l'ambiance. Je crois bien que j'ai dû pleurer en lisant la fin. Et que j'ai adoré lire l'épilogue.

Virus, une anthologie dirigée par Magali Duez chez feu l'excellente maison d'édition SFFF Griffe d'Encre, qui vient de fermer ses portes (snif!)... est sur cette photo par erreur! Je ne l'ai pas encore lu... A venir, donc? (Allez, on y croit! ^_^ )

Au bon roman, de Laurence Cossé
Un excellent souvenir de lecture (pour un amoureux des livres, cela me semble une évidence, cela dit, puisque l'on y passe son temps dans une librairie idéale où tous les titres vendus sont choisis parce qu'ils sont "bons" et donc défendus avec ardeur par les libraires), et le cadeau (télécommandé, je crois bien ;-) ) de ma copine Adeline (oui oui, la même que pour Le goût des pépins de pomme! :-) ). J'ai adoré voir décrits noir sur blanc et dans le détail tous les travers, toutes les manies, toutes les petites choses qui ont de l'importance pour les lecteurs passionnés. En gros, je me suis sentie comme un fan de Johnny qui nagerait dans la félicité en revoyant pour la énième fois la vidéo d'un concert qu'il connaît par cœur... Je me rappelle toutefois avoir été déçue par la fin et aussi un peu dubitative quant au choix des livres vendus dans la librairie (Neige d'Orhan Pamuk ne m'avait pas spécialement laissé un souvenir transcendant alors qu'il figurait selon les libraires du roman parmi les incontournables). M'enfin, c'est surtout la partie "livraddict" qui m'a plu, donc après tout peu importe! :-)

Le Cercle du Phénix, de Carolyn Grey
J'avais rencontré Carolyn Grey dans une des réunions du "Club des Théières", un rendez-vous mensuel de lectrices franciliennes auquel j'ai eu le plaisir de participer 6 ou 7 fois du temps où je vivais en Seine-et-Marne (ça commence à dater sérieusement!). Comme son roman, initialement paru chez Flammarion, était au catalogue du club France Loisirs, dont j'étais encore membre à l'époque, je l'avais acheté. J'ai souvenir d'une lecture très agréable, prenante, documentée, mêlant vampires et alchimie à l'époque victorienne, un page turner assurément, bien rythmé, malgré des ficelles parfois un peu grosses et quelques révélations un peu prévisibles, du moins pour moi (mais j'avoue avoir suivi l'auteur de très bonne grâce, tout de même). La fin ouvrait très clairement sur une suite, que je n'ai pas lue, mais qui s'intitule Le livre d’émeraude.

Purge, de Sofi Oksanen
Je m'étais fait offrir ce roman pour mon anniversaire, l'année de sa parution, après avoir été emballée par les critiques lues dans les magazines et entendues à la radio. J'y avais trouvé ce que j'attendais sans en retirer le plaisir de lecture que je pensais trouver. Oui, c'était une lecture forte, très trash par moments, dérangeante ; sans aucun doute une lecture dont on ressort changé, mais elle m'a laissée assez traumatisée... Traumatisée par les horreurs qui y sont racontées et qui se sont réellement produites, et qui continuent à se produire. Or, pour moi, un roman qui me fait douter de l'humanité à ce point, qui me fait réaliser qu'elle recèle autant de noirceur ne peut pas être classé parmi mes bons souvenirs de lecture. Cela dit, le talent de Sofi Oksanen, sa lucidité, et son refus d'adoucir les faits endurés par les populations - particulièrement les femmes - en Estonie pendant la deuxième guerre mondiale, avec les nazis, puis sous l'occupation russe qui a suivi, sont indubitablement à saluer. Pour la petite histoire, ce roman est indissociable pour moi du premier album d'Agnes Obel, que j'écoutais en boucle à ce moment-là (mais que j'aime toujours beaucoup, malgré la lourdeur de l'ambiance de ce roman).

La carte et le territoire, de Michel Houellebecq
J'ai peu de souvenirs précis de la teneur de ce roman, mais je me rappelle l'avoir beaucoup aimé. Contrairement à la plupart des blogueurs dont j'avais lu les avis, j'ai beaucoup apprécié la première partie de l'ouvrage, abordant, je crois, pas mal de questions liées à l'art et à ce qui fait une oeuvre (un des personnages expose dans des galeries d'art de vieilles cartes routières, de mémoire). Il me semble avoir trouvé des longueurs dans la deuxième partie avant de raccrocher vraiment sur la troisième partie, consacrée à une enquête sur la mort de Michel Houellebecq himself. C'était mon premier titre de cet auteur, qui m'a donné envie d'en découvrir d'autres. J'ai du coup acheté par la suite, sans doute chez un bouquiniste, Les Particules élémentaires, que je découvrirai peut-être un jour. ;-)

Histoire de Lapin Tur, de Niele Toroni
Un livret tout riquiqui dont je ne me rappelle absolument rien si ce n'est qu'il était complètement loufoque et déjanté (!). Je vois maintenant qu'il s'agit d'une réédition d'un texte de 1976 qui avait dû m'être offerte par le libraire lorsque j'avais acheté Les Miscellanées de Mr Schott, chez Allia.

A ces titres, je peux ajouter :
La mort et la belle vie, de Richard Hugo
Un roman policier très honnête (lu il y a presque un an lors de notre semaine de vacances en famille), mais j'avoue avoir été un peu déçue vu tout le bien que m'en avait dit ma copine Rebecca. Notamment, quelques éléments et rebondissements de l'enquête étaient vraiment tirés par les cheveux et j'ai eu du mal à les admettre pour continuer ma lecture. Cela dit, on passe un bon moment, car l'histoire est prenante et bien écrite. J'ai quand même regretté la rapidité du dénouement, franchement expédié, de mémoire.
L'ours pêcheur, de Philippe Cougrand
Un autre polar, lu sur une autre semaine de vacances, en visite dans la famille. Une très belle découverte d'un auteur très sympathique que j'avais rencontré au salon du livre de Blaye en attendant qu'Eric Holder ait fini de griffonner une dédicace. Nous avions discuté un peu de ses romans et celui-ci, paru chez l'éditeur girondin Pleine Page, m'avait vraiment tentée, à juste titre. J'y ai trouvé de très belles descriptions de la forêt landaise, une intrigue très bien ficelée, des personnages consistants, des thèmes graves et profonds (autour du deuil et de la famille, notamment), des ambiances pesantes et un très bon sens du rythme. Vraiment une très belle découverte (je me répète!), que je vous conseille!

Albédo, de Sébastien Fritsch
Hormis les ouvrages de chez Griffe d'Encre, j'ai rarement chroniqué des livres que j'avais corrigés, mais celui-ci le mérite tellement que voilà, je le fais. C'est le petit dernier de Sébastien Fritsch (son sixième, et le sixième que je lis de lui. Vous en déduisez donc, que j'ai tout lu de cet auteur, bravo, c'est bien cela. :-) ) J'ai donc lu absolument tous les romans de Sébastien Fritsch. Je les ai tous aimés pour les ambiances que l'auteur sait dépeindre à merveille, pour sa sensibilité qui rend les personnages si réels et si attachants malgré leurs défauts... Bref, hormis à une occasion, j'ai toujours bien accroché avec les écrits de cet auteur.
En refermant celui-ci, mon impression générale est excellente. Je suis notamment bluffée par le rythme que Fritsch a réussi à introduire et à tenir dans la construction de cet Albédo. Il ne me semble pas qu'aucun de ses précédents romans n'arrivait à ce niveau de complexité et de précision dans l'articulation des différents éléments imbriqués (encore que Se retenir aux brindilles, son précédent roman - que je n'ai pas chroniqué ici, mais que j'avais corrigé aussi - était pas mal dans son genre...). Ce qui est certain, c'est que l'intrigue de celui-ci m'a semblé plus puissante encore que les précédentes, et que les personnages et leurs quêtes m'ont accompagnée hors de mes plages de lecture et restent à mes côtés, bien que j'aie achevé le livre.J'y ai retrouvé également ces ambiances et décors que l'auteur dépeint avec tant de talent : une immense maison pleine de souvenirs, à l'abandon depuis des années, en Bretagne ; l'angoisse de se retrouver seul ou au contraire d'aller à la rencontre des amis perdus ; la vie insouciante d'une bande de jeunes gens hors du monde dans les années 90...Je vous conseille donc très vivement ce roman, le meilleur de l'auteur à ce jour, à mon humble avis.

Et voilà! Aujourd'hui, j'ai commencé un nouveau roman. Vais-je arriver à le lire dans des délais raisonnables? Puis à le chroniquer? Nous verrons bien, mais j'aime à penser que oui et oui. :-)

mercredi 25 juillet 2012

"Nous ne nous sommes pas aimés"

Suite à une première expérience peu concluante avec L'art et la manière d'aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, de Georges Perec (lu par l'excellent Guillaume Gallienne), les éditions Thélème ont gentiment proposé de me donner une deuxième chance en furetant dans leur volumineux catalogue. J'ai donc pris le temps de le parcourir et ai jeté mon dévolu sur les correspondances entre George Sand et Alfred de Musset. J'ai pu les écouter dans le train alors que je me rendais au salon du Livre de Paris (il y a donc un certain temps, déjà) et j'ai bien mieux aimé ce livre audio que le précédent...

mardi 20 mars 2012

Mon salon du Livre de Paris, édition 2012...

Comme vous le savez probablement, hier se clôturait le 32e salon du Livre de Paris. N'écoutant que mon courage (et aussi mon envie de voir mescopinesCarolineLaëtitia et Fanny - qui ne blogue pas mais quand même...), je montai donc vendredi matin dans un TGV au départ de Bordeaux et à destination de Paris-Montparnasse (imaginez ici la voix de la dame SNCF) pour me joindre à la frénésie littéraire généralisée qui régnait Porte de Versailles... Je ne suis pas sûre de retrouver l'éloquence de mon dernier compte-rendu, mais enfin, je vais faire de mon mieux pour vous narrer ces quelques journées passées au Salon...

"Ces moments délicieux qui précèdent le plaisir de la nuit"

Je vais vous parler aujourd'hui d'un très très bon roman qui m'a fourni l'opportunité d'un excellent moment de lecture, d'autant plus que je n'en attendais rien de spécial. Je vous avais raconté, il y a deux ans, comment ce livre était arrivé entre mes mains, lors du salon du Livre de Paris 2010 : sur le stand des éditions Aubéron (aquitaines, comme moi), une discussion animée avec l'auteur et un des éditeurs m'avait valu de repartir avec Ciao Bella en cadeau. Comme pour beaucoup des ouvrages nouvellement acquis, celui-ci était allé se poser docilement dans ma bibliothèque et les mois ont filé... jusqu'à ce que je décide, il y a quelques semaines, de monter à Paris pour le salon du Livre de cette année. C'était l'occasion rêvée pour me plonger dans ce roman, d'autant plus que, si vous avez bonne mémoire, j'avais un petit défi à relever d'un point de vue professionnel... Et ce fut une excellente idée et une superbe découverte!