Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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vendredi 6 juin 2008

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Lex, le plus talentueux des écrivains francophones contemporains, vit reclus depuis plus de quarante ans dans un hameau perdu de la Drôme provençale. Son identité réelle, ses idées personnelles, ses sentiments restent un mystère. Aucun critique littéraire ne lui a jamais arraché la moindre confidence. Quand il souhaite s’exprimer, il écrit.

Mais le Maître restera-t-il aussi impénétrable face à un commandant de la police judiciaire ? Car il n’est plus question de littérature à présent : il est question de meurtres. Des meurtres inspirés par une série de polars aussi atroces que mal écrits. Leur auteur est tout l’opposé du grand écrivain.

Pourtant, le commandant Jérôme Babalnic, piétinant depuis des mois dans son enquête, ne voit plus d’autre solution que de solliciter l’expertise de Lex pour résoudre cette «énigme littéraire» et mettre fin au carnage. Car cinq romans noirs ont déjà été mis en scène par l’assassin.
Qui sera la victime du sixième crime ?

Voici un second roman qui marque une rupture radicale avec Le Mariage d'Anne d'Orval, la première publication de Sébastien Fritsch, puisqu'on passe d'un roman historique à un roman policier.

Allez, j'exagère, car la rupture n'est pas radicale au point qu'on ne retrouve pas le style de l'auteur : comme dans "Le Mariage", on retrouve ici des ambiances paisibles décrites avec une grande justesse, un vocabulaire particulièrement bien choisi qui coule tout seul... Ce hameau perdu dans la Drôme (Pensegarde : rien que le nom est un délice!), ces maisons fraîches et désertes, ... on s'y croirait! Décidément, c'est toujours avec félicité que je me coule dans les décors peints par Sébastien Fritsch tant ses descriptions sont un régal à lire!

Autre point plaisant de ce livre : les réflexions sur l'écriture (par exemple, faudrait-il vivre déconnecté des écrivains de son temps pour ne pas être influencé par eux dans son écriture?). Ces questions sont soit soulevées par l'histoire en elle-même, soit discutées par les personnages ce qui fait de ce roman une forme littéraire que je n'avais jamais rencontrée et qu'on pourrait nommer "roman policier littéraire".

Cela dit, je dois malheureusement avouer qu'à mon grand regret, je suis passée à côté de cette histoire. Après ces 130 pages, j'ai pensé que ce livre aurait sans doute gagné à être plus long, ce qui aurait permis selon moi de mieux amorcer l'intrigue (je vais y revenir tout de suite), d'alléger les dialogues peut-être (je les ai trouvés très denses), de laisser plus de temps aux réflexions du commandant Babalnic de s'élaborer... Quand je parle de l'amorce de l'intrigue, je veux parler du pourquoi Jérôme Babalnic est là, car bien que cela soit dit explicitement dès le départ (il vient chercher auprès de Lex la clé d'un sixième crime imminent), à moi cela ne m'a jamais paru être un comportement logique, donc forcément ça a été un peu gênant pour pouvoir m'immerger pleinement dans l'histoire! Mais à la réflexion, je sais bien que tous les éléments de justification existent, je trouve l'intrigue originale et je m'explique d'autant moins ce "coup dans l'eau"... Comme cela est souvent revenu au cours de conversations entre bloggueuses, je pense que cela tient beaucoup à un état d'esprit du moment car jusqu'à présent je n'ai lu que des billets extrêmement positifs sur Le Sixième Crime. Ainsi vous pouvez lire les avis de Kiki, Michel, Antigone, Florinette tous plus enthousiastes les uns que les autres...

Pour ma part, je reprendrai sans doute ce roman un autre jour pour le relire dans un autre état d'esprit, mais je continuerai de toute façon à lire Sébastien Fritsch pour retrouver ces descriptions qui me plaisent tant!

Le blog de l'auteur ! (je vous conseille notamment la rubrique poèmes où l'on retrouve toute cette délicatesse des mots bien choisis... J'adore!)
Le site des éditions du Pierregord.
PS : Le titre de ce billet m'est inspiré de Lex, cet écrivain reclus en solitaire dans ce tout petit hameau de Pensegarde et qui a laissé le monde derrière lui il y a bien longtemps...

7 commentaires:

amanda a dit…

tiens c'est intéressant. Tu es la première a avoir moins apprécié. Me prêterais tu ton exemplaire ?

Karine a dit…

ON m'a dit que je ne devinerais pas la fin de celui-là! Du coup, je suis bien tentée, même si ton avis est mitigé.

Lucile a dit…

@ amanda : of course! Je l'emmène lors de ma prochaine virée parisienne, alors! :)

@ karine : hum, ça dépend... Tu ne pourras certainement pas deviner dès le départ, mais je te crois capable de trouver quand même le pot aux roses avant de l'avoir lu écrit noir sur blanc... Tu nous diras, alors? ;-)

uncoindeblog a dit…

Tu me titilles...
Va falloir que je le lise. Un jour...

Lucile a dit…

@ uncoindeblog : je peux te mettre sur la liste après amanda, si tu veux!

Fantômette a dit…

Et bien, nous sommes deux à être pour le moins "mitigées" dans nos avis.
Personnellement, tout au long de la lecture, j'étais presque triste de ma déception. Non seulement il aurait fallu s'accorder le temps de développer certains passages, mais l'intrigue policière m'est apparue comme invraisemblable depuis le début et je n'aime pas ça du tout. Mais alors pas du tout. Un flic qui s'en irait raconter son enquête au quidam (fut-il écrivain) ?? Tsss...
Mais alors que j'aurais pu, comme cela m'arrive parfois, fermer le bouquin : "allez hop ! pas de temps à perdre pour ce genre de truc", et bien je n'arrivais pas à l'abandonner, en espérant à chaque page que quelque chose "sauverait" tout ça.

Un goût de trop peu, mais aussi de reviens-y. J'attends donc le prochain roman de S. Fritsch (les romans historiques n'étant pas ma tasse de thé, je vais m'épargner Anne Orval).

Lucile a dit…

@ fantômette : merci pour ton avis détaillé... Tu pourrais avoir un blog! :D Je crois que nous sommes parties à fond sur le côté policier pur et que c'est ça qui nous a déçues... Le prochain! le prochain! :)