Plouf! Plouf! Ce sera toi que je lirai!
JOURNAL DE MES LECTURES (dont la régularité de publication laisse quelque peu à désirer)
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samedi 12 décembre 2009

Aujourd'hui, j'ai traversé la Gironde

C'est vrai, je me suis laissé aller. C'est vrai, je suis allée à pas mal de salons plus ou moins récemment sans en faire ici de compte-rendu. La faute à la flemme, à "pas le temps", à "mince, j'ai oublié mon appareil photo / de charger les piles / de prendre des photos alors que j'avais prévu de le faire"... Mais bon, aujourd'hui est un jour nouveau : aujourd'hui j'avais pris mon appareil, aujourd'hui il faisait beau, aujourd'hui j'étais d'excellente humeur... Voici donc un petit compte-rendu de ma virée du jour à Blaye, où se tient ce week-end la 17e édition de "Livres en Citadelle", un salon pas mal orienté Jeunesse et BD mais où je suis allée voir des romanciers "pour les grands"...


Bon, alors je vous préviens tout de suite : il n'y aura pas que de la littérature dans ce billet... Eh non, car ce qui m'a donné envie de l'écrire, c'est le côté "périple" de ma journée : vous allez donc lire une sorte de récit de voyage, ne vous déplaise.

Bien. Situons le contexte : je vis dans le Médoc. Le Médoc occupe la rive gauche de la Gironde. Blaye est sur la rive droite. Presque juste en face de mon village! En face de Lamarque, en tout cas, où un bac permet de se retrouver en vingt-cinq minutes au pied de la citadelle (Vauban, évidemment) de Blaye. Me voici donc partie, à 11 heures ce matin, sous le beau soleil de cette froide journée de décembre, pour traverser la Gironde...

La Gironde rive gauche, avec ses roselières et ses petits bateaux de pêche...


La Gironde rive gauche, avec ses mythiques carrelets!


Et voilà le bac!

Nous y voilà! Blaye, son marché du samedi (très chouette marché, d'ailleurs ; certains médoquins traversent uniquement pour s'y rendre, c'est dire!), son animation pré-fêtes au micro, avec un présentateur qui passe de boutique en boutique et de stand en stand ("Alors, madame la boulangère, que nous proposez-vous en ces périodes de fêtes? ... Ah merveilleux, des mini-bûches! Ca, c'est astucieux!"). Avec le soleil, le froid mordant et l'odeur des sapins et du poulet rôti, moi ça me met en joie! Le salon ne commence qu'à 14 heures : j'ai le temps de déambuler parmi d'autres gens détendus et d'aller manger mon sandwich dans la citadelle...

La citadelle de Blaye, hors-saison, est plutôt un lieu reposant...

Je ne crois pas avoir déjà visité une citadelle Vauban, aussi j'ignore si elles sont toutes construites sur le même schéma. Celle-ci en tout cas est constituée de longs bâtiments formant un quadrillage de trois ou quatre rues (sans doute les anciens logements des soldats stationnés là) et de quelques bâtisses à part. Hors-saison, autant le dire : c'est extrêmement calme. Je ne sais pas si cela reste vrai en été, mais les portes et volets étaient tous fermés. Malgré l'air un peu triste que cela confère au lieu, les bâtiments au crépi rose qui s'effrite, laissant voir les pierres, et devant lesquels on a planté diverses essences grimpantes sont magnifiques. Je les ai d'ailleurs mitraillés de photos qui se voulaient artistiques mais que je vous épargne ici (vous ne me remercierez jamais assez!). En attendant le début des hostilités, je me suis posée en hauteur, de sorte à disposer à la fois de la vue sur la rivière, de celle sur la citadelle, et du soleil, et j'ai bouquiné un peu...


Eh oui, une lecture de circonstance! (Et oui : il y avait du vent!)

Puis vint l'heure H. 14 heures, je fais un effort pour ne pas arriver trop vite à la salle du couvent des Minimes, où les auteurs et éditeurs finissent de s'installer...


Je me suis promis, avant d'entrer, que je n'achèterais rien. Rien du tout. Parce que ma PAL, voilà. Je sais bien que vous ricanez de ma naïve résolution, vous là-bas. "N'a-t-elle pas encore compris? Après tout ce temps d'achats compulsifs de livres partout où il s'en vend (voire où il ne s'en vend même pas)?" Non, j'y allais pour rencontrer des éditeurs (je suis correctrice à temps plein depuis quelques mois, figurez-vous...) et UNIQUEMENT pour rencontrer des éditeurs. Hum.

Bon, la bonne nouvelle, c'est que j'ai effectivement rencontré des éditeurs. Je ne m'étalerai pas ici à ce propos, si ce n'est pour vous présenter cette association de bénévoles qui publie quatre fois par an la revue littéraire Les Hésitations d'une Mouche, regroupant en une vingtaine de pages les nouvelles retenues (sur coup de cœur) par le comité de lecture parmi les nombreux textes qu'ils reçoivent. Pour chaque numéro, un illustrateur est également retenu pour un dessin en pleine page, qui lui sert également de vitrine. Pour les soutenir, je leur ai pris un numéro (pour la modique somme de 2 euros, c'était raisonnable, n'est-ce pas?) ,que j'ai choisi pour sa couverture très sympa réalisée par l'atelier Natura Verde. Et pour satisfaire votre curiosité, sachez que l'expression qui donne son nom à la revue provient de Bonjour tristesse, de Françoise Sagan (que vous avez lu comme moi... hum!) :)

Et la mauvaise nouvelle? Je n'ai aucune volonté (ce qui, on le verra, est plutôt une bonne nouvelle finalement, puisque ça m'a permis de rencontrer des auteurs fort sympathiques). Je vais vous raconter comment ça s'est passé - non que je veuille me justifier, oh la la pas du tout!, mais juste qu'on est quand même un peu là pour ça, que je vous raconte... - : au début, je voulais juste faire un coucou à Éric Holder, duquel je lisais justement De loin on dirait une île (étant donné que j'écume les salons girondins, je l'ai croisé assez souvent en quelques semaines, aussi voulais-je simplement le saluer "en passant")... Mais voilà que quand j'arrive devant lui, il est absorbé dans une dédicace qu'il a à écrire pour je ne sais qui qui n'est pas devant lui. Aussi patienté-je discrètement en regardant négligemment les livres de son voisin, à qui ça n'échappe évidemment pas. Alors voilà, on engage la conversation, "Et qu'est-ce que vous écrivez comme genre de livres? ... Et de quoi parle celui-ci? ... Oh ça a l'air bien! Et celui-là?...", et ça finit sur "Quel est votre prénom?" et un chèque (signé par moi). Et voilà, je n'ai rien vu venir...

A présent que vous êtes totalement convaincus de mon innocence dans cette affaire, je puis vous détailler un peu plus cette rencontre, car ça ne serait pas rendre justice à Philippe Cougrand pour sa gentillesse... Philippe Cougrand, donc présentait cinq ouvrages aujourd'hui, au nombre desquels on compte une pièce de théâtre toute fraîche, trois policiers plus ou moins psychologiques, et un roman psychologique (le dernier paru à ce jour, aux éditions Pleine Page). Pour ma part j'hésitais entre le roman psychologique et le policier à forte tendance psychologique (je n'aurai jamais autant utilisé ce mot dans un seul et même paragraphe!). Sur le conseil de l'auteur, je me suis finalement décidée pour L'ours pécheur, l'histoire d'un homme des bois solitaire qui voit arriver une femme et son ado défiguré dans sa proximité directe. Une enquête policière viendra évidemment s'en mêler... J'ai vraiment apprécié notre échange, le soin que Philippe Cougrand a mis à me décrire ses différents romans pour que je puisse m'orienter vers celui qui me plairait le plus, à répondre à mes (nombreuses) questions et à poser en plein milieu de sa dédicace. C'est vraiment un auteur très agréable à rencontrer : je vous conseille d'aller lui dire quelques mots si vous avez l'occasion de le croiser!

Suite à cet achat totalement imprévu (mais dans le but de découvrir des nouveaux noms de la littérature, qui est un but noble), j'ai pu m'entretenir quelques minutes avec Éric Holder, toujours aussi gentil et discret. J'ai eu confirmation de la veine franchement autobiographique de Bella Ciao et de De loin on dirait une île. Je sais désormais que c'est sans doute parce qu'il était un fervent admirateur de Philippe Delerm dès avant ses succès de librairie que l'un de ses propres livres s'est probablement retrouvé un jour chez Vincent, qui l'aura à son tour intégré dans une de ses chansons. S'est ensuivi un échange sur les liens parfois surprenants des livres avec la réalité. A ce moment Éric Holder me reprend : "il y a toujours des coïncidences, avec les livres". Je lui parle bien sûr de L'arrière-saison de Philippe Besson, que je viens de finir, et qui illustrait justement un de ces liens curieux. Plus tard, sur le bateau du retour, j'ai souri en lisant sous la plume d'Éric Holder, et justement sur la page à laquelle je m'étais arrêtée de De loin on dirait une île : "Qu'est-ce qui remplace la complicité de deux lecteurs? Et de quoi parle-t-on lorsqu'on ne tisonne pas ses goûts en la matière, qui ouvrent à tellement d'autres?" (p.89) J'aime les coïncidences. J'aime les livres. ^_^


Enfin, alors que je discutais avec Bréa, des éditions du Pierregord (chez qui ont été édités les deux derniers romans de Sébastien Fritsch, dont je vous ai parlé ici, à savoir Le sixième crime et Derrière toute chose exquise), v'là-t'y-pas que Lionel Robin m'interpelle... Il veut que je lise un article de Sud-Ouest qu'il a posé devant lui et qui m'expliquera qui il est (ceci est une private joke, en réalité ça ne s'est pas exactement passé comme ça). Plutôt que de lire la photocopie, je m'adresse donc plus volontiers à Lionel Robin pour qu'il me présente ses deux romans parus aux éditions du Pierregord : Les saumons se perdent aussi (qui vient de sortir) et L'œil nomade. Je vous annonce que les écrits de ce journaliste m'inspirent bien aussi! J'ai eu d'ailleurs beaucoup de mal à choisir lequel j'emporterais (parce que quand même, dans mon manque de volonté, je reste un minimum raisonnable), mais j'ai finalement jeté mon dévolu sur L'œil nomade. Ce roman raconte l'histoire d'un photo-reporter qui plaque tout face à l'horreur du génocide rwandais : il devient SDF, sillonne les routes mais est peu à peu diminué par la mauvaise saison qui arrive. Un autre sans-abri singulier, un philosophe jusqu'au-boutiste, le prendra alors sous son aile. Ici encore, je suis restée un bon moment à discuter avec l'auteur, qui m'a avoué ne pouvoir démarrer la rédaction qu'à partir du moment où il avait trouvé un titre. Curieux, non?

Et voilà, avec tout ce temps passé à discuter avec tout le monde, il m'a presque fallu partir en courant pour ne pas rater la navette qui devait me ramener à Lamarque... Dommage : je n'aurai pas eu le temps de visiter la partie "Jeunesse" du salon, située dans un autre bâtiment.


L'île Pâté, sur le trajet du retour... La météo est toujours superbe : une magnifique journée de bout en bout et à tous les points de vue!


Un salon que je vous recommande donc chaudement, tant pour la beauté du cadre que pour la qualité des rencontres que l'on peut y faire!

Un grand bravo (et merci!) à l'association Préface, organisatrice de ce salon! Vivement l'année prochaine!

7 commentaires:

George a dit…

j'adore ces rencontres avec les écrivains et j'aime beaucoup ta photo avec Eric Holder !!!!

Caro[line] a dit…

Hé ben quelle journée !! Merci pour ce compte-rendu complet et plein de photos. :-)

Lucile a dit…

@ George : moi aussi j'adore discuter avec les auteurs. C'est idiot mais je suis toujours surprise de pouvoir avoir une discussion normale avec un écrivain! ^_^ Quant à Eric Holder, il est vraiment très simple, c'est un plaisir de le rencontrer à chaque fois! :)

@ Caro[line] : oui, sacrée journée! Pourtant j'aurais voulu rester plus longtemps... De rien! Je ne pensais pas faire si long, mais je crois que je ne dérogerai jamais aux billets-pavés! ^_^

Seb a dit…

C'est amusant de retrouver Lionel sur ton blog. En tout cas, tu as raison : il est très sympa. J'attends de lire ton avis sur son "Oeil Nomade".

Lucile a dit…

@ Seb : Ca me fait plaisir de te revoir ici! Tout comme de croiser presque par hasard des gens qui te connaissaient... Pour "L'Oeil nomade", j'espère le lire relativement rapidement. Depuis que je fréquente un peu plus assidûment les salons, j'essaie de faire les lectures des ouvrages achetés assez vite... Mais comme j'en achète beaucoup et que je continue d'emprunter des livres, ça prend un peu de temps! J'en suis encore aux livres du salon de Gradignan, de début octobre! ^_^

Anonyme a dit…

Bojour,

Je suis Jean-Marc Lapouméroulie, dit Lapoum', et Président de l'association Préface. Je suis tombé par le hasard de google sur votre blog...
Je voulais simplement vous remercier car votre "papier" est un vrai encouragement et une récompense pour toute l'équipe. Si vous revenez l'an prochain, faites vous connaître, je serai honoré de vous rencontrer.
Coopérativement

Lapoum'

Lucile a dit…

@ Lapoum' : bonjour, et merci de votre visite! :) Et oui, j'espère bien revenir l'année prochaine : comme vous l'avez constaté j'ai été ravie de ma journée. L'ambiance qui régnait là-bas était vraiment propice aux rencontres, ce qui n'est pas donné à tous les salons, je trouve... Je demanderai donc "Lapoum'", la prochaine fois! ^_^ Continuez en tous cas, vous faites un boulot d'enfer! :)